K
u
l
t
u
r
i
c
a
musique • littérature • beaux-arts • pythagora • mythologie Kulturica
accueil • plan du site •   

Beaux-Arts

Le David de Michel-AngeEl Greco, de l'Icône au ManiérismeLe Maniérisme, un courant artistique essentiel et méconnuLa Mezquita de CordouePhidias, géant de l'art grec antique

El Greco (1541-1614)

Autoportrait du Greco en Saint Luc

Autoportait du Greco en Saint Luc.

Premières années en Crète : l'art de l'icône

Le peintre connu sous le nom du "Greco", de son vrai nom Domenikos Theotokopoulos, est né en Crète en 1541 dans la ville de Candie. Candie est le nom qui avait été donné par les Arabes à l'île de Crète au Xe siècle, on parlait alors du "royaume de Candie". A l'époque du Greco, l'île était passée sous protectorat vénitien, et l'on nommait "Candie" le port que l'on connaît aujourd'hui sous le nom de Héraklion.

Grâce à des découvertes récentes, on sait que Le Greco a été peintre d'icônes, comme en témoignent quelques icônes signés "Theotokopoulos" récemment découverts.

A cette époque, le plus grand peintre d'icônes était le crétois Mihail Damaskinos. La conclusion vient d'elle-même, Domenikos Theotokopoulos a étudié l'art de l'icône dans un atelier crétois, et il a sans doute connu et fréquenté, voire reçu au moins quelques leçons de Damaskinos. Nul doute que ce talentueux jeune homme n'ait intéressé Damaskinos, et nul doute que le jeune homme, avide d'apprendre, n'ait souhaité recevoir des leçons du plus grand peintre d'icônes de son époque.

Car, malgré la très solide codification de l'art de l'icône, codification des sujets, des représentations, des couleurs..., le génie de Damaskinos saute aux yeux : il suffit de visiter la petite église d'Héraklion où est exposé un vaste témoignage de l'art de l'icône crétois pour s'en convaincre. Le mouvement, l'énergie qui se dégagent de ses oeuvres, face au hiératisme et à l'immobilisme de ses contemporains, sont évidents.

Icone de Damaskinos

L'Adoration des mages, par Mihail Damaskinos

Or, s'il est né en Crète, son nom de Damaskinos témoigne d'origines proche-orientales, de la ville de Damas qui rayonnait depuis plusieurs siècles dans le domaine des arts et des sciences. Il s'agit du Proche-Orient sur son versant chrétien, sous l'influence de l'ancienne Byzance qui, après des siècles de domination spirituelle et temporelle sur la Méditerranée, avait été prise par les turcs un siècle plus tôt, en 1453.

Ainsi, le Greco vient-il d'un monde méditerranéen qui fut de tous temps un mélange cultures, héritier de Byzance plutôt que de Rome.

Études à Venise et à Rome

Il ne quittera pas tout à fait la sphère d'influence byzantine lorsqu'il quittera la Crète, puisqu'il séjournera à Venise de 1566 à 1570 et étudiera dans l'atelier du Titien (en italien, Tizian). Mais c'est auprès du Tintoret (Tintoretto) que le Greco trouvera sa plus grande inspiration.

En 1570, Titien était un vieil homme (il avait plus de 80 ans) chargé d'honneur. Il avait passé presque toute sa vie à Venise, et avait peu voyagé. On lui doit une avancée "technique" importante dans le domaine pictural, le glacis (fine couche de vernis transparent, qui illumine littéralement la toile) et il perpétuera l'art particulier à Venise qui est celui de la couleur. Il ne fut pas seulement un technicien, mais aussi un peintre admiré notamment pour ses portraits et pour ses nus.

Le Tintoret avait été également élève de Titien, et l'on constate une filiation certaine entre les oeuvres de l'un et de l'autre, mais le Tintoret appartient clairement au courant maniériste. Ce courant, né à Rome sous l'influence de Michel-Ange, allait donner lieu à un art du mouvement et de l'espace, et un nouveau souffle au monde artistique.

Lien vers notre page sur le Maniérisme.

Il était donc logique que le Greco quittât Venise pour Rome, où il s'établit de 1570 à 1576. Ses toiles peintes à Rome, notamment sa Pietà, témoignent de son admiration pour Michel Ange le sculpteur.

L'Espagne

Le Greco quitta Rome pour Tolède, en Espagne, en 1577, où le roi Philippe III avait le projet de l'Escurial, et c'est là que se développa, dès les toutes premières oeuvres, sa personnalité propre, comme en témoignent cette Spoliation du Christ de 1577-1579, et le tableau qu'il réalisa en 1590-95 sur le même sujet. Il existe un troisième exemplaire autographe de ce tableau, de plus petit format, probablement une copie du premier et conservée à Upton House (Warwichshire, Angleterre).


Transparence La première "Spoliation" du Greco Transparence La Spoliation de 1990 Transaprence
 

La Spoliation de Tolède (1577-79)

 

La Spoliation de 1590-95

 
Ouverture du 5e sceau, par le Greco

Ouverture du Cinquième Sceau de l'Apocalypse (1608-1614) L'une des toutes dernières toiles du Greco.

On remarque la simplification des formes et des visages, les contrastes marqués à longs coups de pinceau, ce qui tire toute la composition vers le haut, ainsi que l'évolution de la palette de couleurs, encore très "italienne" en 1577.

En 1586, avec l'Enterrement du comte d'Orgaz, le Greco signe un véritable manifeste esthétique, avec une technique figurative très particulière, proche de l'épure et au service de la ligne, une palette de couleurs très personnelle, mais surtout une élévation spirituelle, et même un mysticisme, qui font écho aux écrits spirituels de son époque (Le Chemin de la Perfection de Sainte Thérèse d'Avila, Le Cantique Spirituel de Saint Jean de la croix).

Ses dernières toiles iront encore beaucoup plus loin, vers une figuration au service de l'élévation spirituelle, à mille lieues des maîtres de son époque, retrouvant dans l'Espagne très catholique son inspiration de jeune peintre d'icônes.

Le Greco mourut à Tolède en 1614. Il connut une longue période d'oubli, mais fut redécouvert au XXe siècle et est désormais considéré comme l'un des plus grands maîtres de la peinture. Sans doute, malheureusement, pour de mauvaises raisons : on a voulu en faire un précurseur de l'art abstrait, mais ses aspirations étaient toutes autres, à l'opposé de celles des peintres abstraits du XXe siècle.

On connaît les traits de son long visage, encore allongés, comme ses dessins, par une longue barbe pointue et un front haut et dégarni : il a laissé plusieurs autoportraits, dont deux sous les traits de Saint Luc. On comprend cette assimilation : selon la légende, l'Evangéliste Luc peignit trois portraits de Marie après la Pentecôte, qui servirent de modèles aux premiers icônes.

Il fut, plus qu'un peintre, un humaniste, comme en témoignent l'abondante bibliothèque qu'il a laissée et les amis qu'il a fréquentés.

Vue de Tolède, par le Greco

Vue de Tolède (1597-1599)

bibliographie

El Greco, le livre d'Antonina Valentin

Les meilleurs livres sur Le Greco, ceux d'Antonina Vallentin et de Jacques Lassaigne, n'ont pas été réédités récemment, mais on peut les trouver d'occasion sur Priceminiser.

Le grand livre sur le Greco d'Antonina Valentin date de 1954, avec des illustrations soignées en noir et blanc (ah, le velouté des impressions noir et blanc des années 50 !).

Plus proche de nous, Jacques Lassaigne, spécialiste de la peinture espagnole, a signé en 1973 une très belle biographie du Greco au Club des Libraires de France.

Voici également une sélection via notre partenaire AMAZON :

- Les Oeuvres complètes de Saint Jean de la Croix, l'inspiration spirituelle du Greco.

Egalement, aux éditions du Seuil, dans la collection Points Sagesse :

- La Vive Flamme de l'Amour, et Le Cantique spirituel, de Saint Jean de la Croix,

- Vie écrite par elle-même, et Le Château de l'Âme, de Sainte Thérèse d'Avila.

- Un livre remarquable sur le monde des icônes, par Michel Quenot.

accueil  •  pinacothèque  •  plan  •  nouveautés  •  liens  •  copyright  •  contact
Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica Kulturica