





Les trois Parques ou Moires
Les Parques ou, en grec, les Moires, sont les trois terribles déesses qui filent et coupent le fragile fil de la vie des hommes. Leur nom, en grac, signifie "part", la portion allouée à chaque mortel, son destin.
"... les Parques impitoyables, Clotho, Lachésis et Atropos qui dispensent le bien et le mal aux mortels naissants, poursuivent les crimes des hommes et des dieux et ne déposent leur terrible colère qu'après avoir exercé sur le coupable une cruelle vengeance." Hésiode, Théogonie
Selon Hésiode, elles sont filles de la Nuit, ou bien de Zeus et de Thémis, la Titanide dont le nom signifie "Justice", toujours selon Hésiode. Mais d'autres leur donnent encore d'autres origines, comme le Chaos ou Pontos.
Elles sont au nombre de trois, trois soeurs qui se nomment Clotho ("Fileuse"), Lachésis ("celle qui répartit") et Athropos ("Implacable"). Ensemble, elles président à la destinée des hommes : Clotho file le fil de leur vie, Lachésis distribue les âmes et Athropos, qui coupe le fil, est la plus terrible. Selon Hésiode, elles poursuivent les criminels de leur colère mais, selon d'autres, ce rôle serait celui des Erinyes.
Comme maîtresses du destin et de la mort, ces trois divinités sont particulièrement craintes, et ont les représente sous des traits inquiétants, bien que par toujours aussi vieilles que le prétend Hésiode.
Selon certains, les Parques sont sous les ordres de Zeus. Selon d'autres, non.
Bref, difficile de se faire des certitudes à partir de tant d'opinions contradictoires ! Ce qui ressort en tout cas, c'est qu'elle sont craintes comme liées à la mort et à l'inenuctabilité du destin.
Rares sont les textes qui nous parlent des Parques ou Moires. Parmi eux, le plus important est sans doute cet hymne orphique (*):
"Parques infinies, filles de la nuit obscure , je vous implore, ô vous qui sur les bords du marais céleste, aux lieux où une eau sombre coule éternellement d'une fontaine infernale sous un épais brouillard, présidez aux âmes des morts qui sont réfugiées dans les profondeurs de la terre, vous venez aux demeures tumultueuses des hommes, accompagnées de l'Espoir et les yeux couverts de voiles de porphyre ; ainsi traînées par vos rapides coursiers, vous arrivez dans le champ fatal, aux limites de la Justice, de l'Espoir et des Inquiétudes, car la Parque est la maîtresse de la vie. Aucune autre des divinités qui habitent les sanctuaires du ciel n'accompagne aussi fidèlement Jupiter. La Parque sait tout ce que l'avenir nous réserve, tout ce qui est connu à la pensée habile de l'éternel Jupiter. O vierges de la nuit, soyez-nous favorables, soyez-nous bienveillantes ; Atropos, Lachesis, Clothos, déesses invisibles, redoutables, toujours inquiètes, car tout ce que vous donnez aux mortels c'est vous-mêmes qui le leur enlevez ; ô Parques, écoutez les prières des prêtres, écartez de l'âme d'Orphée tous les chagrins terribles."
(*) : les hymnes orphiques sont une collection de 87 petits poèmes, dont on ne connaît pas la date de composition, et liés au culte d'Orphée.
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